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Prix - Villa Venezia

Date de publication: 2019-10-24 13:07

Il poursuit en m'expliquant ce qui différencie vraiment les deux établissements qu'il fréquente : « Au FKK, tu peux rester une heure ou deux sans toucher aux filles. Il m'est d'ailleurs déjà arrivé d'y aller sans coucher. Je rigolais avec les filles pendant que mes potes baisaient. Il y a plus de complicité avec elles. La fellation se fait sans préservatif, aussi. »

Les bordels de la frontière franco-allemande - VICE

Mario, 77 ans, est originaire de Thionville – une ville de Moselle située à 65 km de la frontière franco-allemande. Soudeur depuis dix ans, il se rend plusieurs fois par mois dans les bordels d'outre-Rhin. « Pour un vulgaire billet, j'obtiens ce que je veux », affirme-t-il avec aplomb.

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Mario est un habitué du FKK Paradise. Il y a fêté son anniversaire il y a quelques mois. L'état d'esprit n'a rien à voir avec celui de la Villa Venezia. Il y a une grande pièce à vivre et les filles patientent sur différents sofas. Leur but est de charmer le client pour coucher avec – client qui a tout à fait le droit d'offrir un verre aux jeunes femmes. « Ça ressemble un peu à une cure thermale, avec des filles à poil, me confie le Français. Tu payes 55 euros l'entrée, tu as des boissons sans alcool, un buffet à volonté et un accès libre aux saunas et aux hammams. »

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En effet, le FKK Paradise, situé à Stuttgart, est un temple de la détente et des plaisirs charnels. L'immense propriété abrite saunas, hammams, ainsi que de magnifiques créatures en bikini et talons aiguilles. Le prix d'entrée est de 55 euros la journée – repas compris. Après cela, libre à vous de dépenser vos deniers comme vous le désirez – chaque prestation correspondant à un tarif précis.

Mario est un habitué de ce genre d'établissement. Fréquentant les bordels allemands depuis près de 65 ans, il ne passe plus ses soirées à payer des verres à des filles dans l'espoir de conclure. « Je suis célibataire depuis trois ans, mais il m'est arrivé d'y aller quand j'étais en couple, précise-t-il. Je mets mon portable en mode avion pendant une heure, personne ne va me griller. »

« Ce n'est pas une drogue parce que ça n'a rien de nocif, tient-il à préciser. Parfois, j'ai un peu d'argent qui traîne, j'ai envie de me faire un sauna – avant tout, je pense à me faire plaisir, à me relaxer, à prendre soin de mon corps, à faire des UV. Et, bien sûr, je croise de belles femmes. »

Selon ce spécialiste des bordels, les prostituées aux formes généreuses et au regard aguicheur ne sont pas forcément plus expérimentées que les autres filles. « Je suis déjà tombé sur des prostituées hyper coquines au premier regard mais très timides au lit », m'a-t-il raconté. Quand il était plus jeune, Mario s'adonnait à tout un tas de pratiques. « J'adorais l'anal, l'éjaculation faciale et buccale. Aujourd'hui, je me suis un peu calmé. »

Quand Mario rentre chez lui, la routine reprend le dessus. « Je fais mon ménage et vais dormir, détaille-t-il. Les premières fois, j'avais tendance à me la raconter. Quand tu as 66 ans et que tu vas dans un bordel, tu appelles tes potes. Après, ça te passe. »

Ce jeune homme avoue se rendre deux à trois fois par mois dans un bordel de l'autre côté de la ligne Maginot. « Pour être précis, je vais une fois toutes les trois semaines à la Villa Venezia et une fois tous les quinze jours au FKK Paradise. Les prestations proposées sont différentes. »

Dans les bordels allemands, on trouve deux types de prostituées. D'un côté, les jeunes étrangères originaires des pays d'Europe de l'Est – des Roumaines, des Serbes, des Bulgares qui ont entre 66 et 76 ans et font ça pour gagner de l'argent facilement. De l'autre, des femmes qui essaient de survivre – souvent des mères de famille, allemandes ou étrangères. Mario les compare à des dealers. « Il faut bien remplir son frigo. C'est un moyen comme un autre », avance-t-il.

Selon Mario, beaucoup de jeunes vivant dans l'Est de la France sont dans le même cas que lui. « 85% de la clientèle est française, affirme-t-il. J'ai discuté avec des gérants d'établissements. Les chiffres sont avérés. »

Le Mosellan n'est pas vraiment emballé par ce type de bordel. « C'est vraiment à la chaîne, les prostituées font en sorte que ça aille vite, déplore-t-il. Tu as entre 65 et 75 secondes pour en choisir une. C'est intimidant et délicat à la fois – sauf si tu es bourré. L'établissement renouvelle les filles assez souvent. Tu ne peux pas trop créer d'affinités et te sentir à l'aise. Contrairement au FKK Paradise, il n'y a pas d'intimité – jamais de fellation sans capote ni de bisous par exemple. »

Mario m'explique qu'il lui arrive de passer la frontière dans deux cas de figure : soit après quelques verres d'alcool partagés avec des amis, soit seul. Avant de prendre sa voiture, il va faire un tour sur le site Internet des différents bordels afin d'y trouver le nom des filles disponibles, ainsi que leurs mensurations, leur origine, et quelques photos dénudées.

Les filles sont logées dans des chambres au sein même de la maison close. La plupart d'entre elles gagnent bien leur vie – elles touchent entre 8 555 et 65 555 euros par mois. Après avoir réglé un loyer au gérant de l'établissement, elles conservent l'intégralité de l'argent issu des passes.

Il y a quelques années, Mario désirait ouvrir une maison close. « Je m'étais mis d'accord avec des Polonaises pour les faire travailler, raconte-t-il. Quand j'ai appris les peines encourues pour proxénétisme, j'ai déchanté. La prostitution n'est malheureusement pas légale en France, alors que c'est un moyen sécurisant pour la fille et pour le client. De plus, les prostituées sont soumises à des dépistages tous les trois mois. »